jeudi 25 février 2010

AperçuDeLaLouisianeFrancophone:BeaucoupPlusQueCadien - PrimerOnFrancophoneLouisiana:MoreThanCajun


Aujourd'hui en 2010, la Louisiane connait une véritable rupture au niveau de la culture locale. Ce n'est point juste n'importe quelle rupture, mais une rupture qui, remontant à la fin des années 1960, est véhiculée par le fait francophone de l'Etat.Attendez, attendez!

On y parle toujours français aujourd'hui? Je ne savais pas!

S'il fallait croire ce que l'on lit dans les magazines, guides touristique et sur les sites internet, l'histoire francophone de Louisiane commencerait avec la déportation des Acadiens de leur foyer en Nouvelle-Écosse vers 1753. L'impression que l'on donne en Louisiane, et ailleurs, c'est que les seuls francophones dans l'Etat aujourd'hui, c'est les "descendants" de ces Acadiens, appelés communément, les Cadiens*. Pourtant, ce n'est guerre le cas.

Regardons un peu l'histoire de la Louisiane.Fondée en 1699 par les Français, la colonie de Louisiane comprenait l'embouchure du fleuve Méchassébé (Mississippi), jusqu'à la frontière de la Nouvelle-France (le Canada). Bien que la colonie couvrait un gigantesque territoire, la population coloniale se concentra là où le Méchassébé se jete dans le Golfe du Mexique, avec des petites communautés (notamment des districts militaires) à Petit-Rocher aux Arcs (Arkansas), au Fort Sainte-Geneviève aux Illinois et à Saint-Louis aux Missouri.

Sa population coloniale aurait connu de longues années précaires face au développement de la colonie. Les guerres avec les autochtones, les pandémies menaçant la survie de la colonie, une chaleur étouffante, les maringouins (moustiques) tueurs, et les invasions des Anglais ont fait de la colonie de Louisiane, une région à éviter à tout prix pour beaucoup d'Européens. Malgré cela, de multiples groupes ont été attirés aux bayous de Louisiane, notamment dans le cadre de l'élevage de canne-à-sucre, de l'indigo et du riz. Ils sont venus (le plus souvent contre son gré) de l'Alsace, de la Nouvelle-France (Québec), de Suisse, de Wallonie en Belgique, de toutes les régions du royaume français, des Caraïbes et de la Sénégambie, l'ancienne circonscription administative française dans l'Afrique de l'ouest. En à peine soixante ans - cela fait à peine deux générations d'habitants - cette colonie est devenue un véritable creuset de cultures, ayant une version de la langue française en partage. Cette population est devenue la population créole (nés dans la colonie de parents d'ailleurs).

Entre 1764 et 1788, trois mille refugiés sont venus frapper à la porte de la colonie espagnole de Louisiane. Sachant qu'ils avaient besoin d'auguementer la population dans l'extrême sud de la colonie, et que le succès de leur territoire dépendait d'une auguementation nette d'habitants, et que les Acadiens étaient des experts en construction de levées de terre/digues et l'élevage d'animaux et de plantes, les gouverneurs-généraux espagnols (de Ulloa, O'Reilley, Unzaga y Amezaga, de Gálvez) ont accepté l'asile des Acadiens. Ils les ont envoyés s'installer aux marécages et sur les terres les moins fertiles et développées où ils sont devenus les voisins des Créoles qui y étaient depuis longtemps déjà fixés.

Le contact entre les Acadiens, récemment venus, les Créoles**, les autochtones, les esclaves africains, afro-créoles et les Espagnols, Anglais, Irlandais, Allemands, Caribéens, Italiens, entre autres, a forgé la naissance d'une nouvelle culture hybride. Pour le résumer si bien dans les mots du regretté Richard Guidry : l'Acadie a connu le Grand Dérangement, en Louisiane, c'était Le grand Mélangement!

Entre 1800 et 2010, les francophones n'ont pas cessé de venir s'installer parmi nous. On y compte les refugiés de la révolution et des insurrections de Saint-Domingue (aujourd'hui Haïti), les refugiés des guerres napoléoniques, ensuite les refugiés des guerres ethniques en Syrie et au Liban, les refugiés de l'Indochine suite à la guerre de Viêt-Nam, les épouses des soldats francophones de Louisiane de la Première et Deuxième Guerre Mondiale, bref la Louisiane fut peuplé de refugiés francophones! Vous y rajoutez encore les enseignants francophones des quatre coins de la Francophonie pour enseigner dans les écoles publiques de langue française, les francophones venus travailler dans les industries louisianaises ainsi que les curieux qui viennent et qui restent, et vous tomber sur un bol du célèbre gombo (culturel et culinaire) de la Louisiane. A ne pas manquer.

La Louisiane est le berceau d'une culture francophone internationale.

*Le/la/les Cadien(ne)(s) (n.), c'est un de deux groupes principaux, ethniquement latins, qui sont natifs de la Louisiane du sud. Les uns parlant le français, les autres le créole louisianais. Souvent aux États-Unis, on suppose que les Cadiens sont les descendants directs des Acadiens, vue le rapport linguistique entre Cadien et Acadien. Fausse idée et simplification hâtive! En Outre, il existe une tendance apparement "naturelle" après la chutte de la Ségrégation et le mouvement radical des Afrocentristes américains des années 1970 de racialiser (c'est-à-dire, assigner une race humaine) les Cadiens. La culture n'a pas de limites physique! La culture est poreuse, elle accepte celui/celle désirant en faire partie de façon intégrale. Si l'on adopte les traditions, épouse un/e Cadien/ne, on peut devenir Cadien, quelque soit son origine ancestrale, culturelle ou nationale.

**Les Créoles, comme leurs cousins, les Cadiens, représente un des deux groupes principaux de type latin en Louisiane. Or, les Créoles descendent de premiers habitants nés dans la colonie de parents d'ailleurs. Les créoles sont souvent bilingue francophone et créolophone. Mais pas forcément. La culture créole de la Louisiane a été renforcée par de vagues successives d'immigrants des Caraïbes francophones, créolophones et hispanophones ; du Mexique, des îles Canaries, de l'Afrique de l'Ouest et de la France. Dificile d'identifier un trait du visage créole! La population créole s'est transformée en une force à ne pas sous-estimer. Ils ont perturbé l'administration espagnole et américaine suite au transfer de la Louisiane à ceux-ci. Les Anglo-Américains, quant à eux, avaient deux objectifs pour la Louisiane : américaniser et "racialiser" la population louisianaise. Et les Créoles ont battu jusqu'à la fin pour préserver leur identité et traditions culturelles. Étant donné la longue histoire de racialisation aux États vis-à-vis des groupes "de couleur," (déjà, nous avons tous de la couleur, qu'elle soit bleue, rose, chocolat, cuivre), et les batailles entre les Créoles et les lois de racialisation et ségrégation aux États-Unis, il est donc très difficile de ne pas racialiser ceux-ci. Beaucoup de créoles descendants des combattants contre les idées de races humaines, sont les mêmes qui au fil des siècles ont internalisé l'oppression qu'eux et leurs ancêtres se seraient battus à faire démanteler. Toutefois une culture n'a pas de barrières, et l'identification physique des Créoles comme pour d'autres êtres humains basée sur sa "race" n'a pas marché avant, et ne marche toujours pas aujourd'hui.

Copyright © 2010 Christophe Landry
http://www.francolouisiane.com/site/index.php?option=com_content&view=article&id=49&Itemid=56&lang=fr

In 2010, Louisiana has been the site of an explosive cultural renaissance. However, it is not simply just any old renaissance, but one that dates some fifty years, back to the 1960s, and has been propelled by the French language.

Whoa! Wait a second. You mean, French is still spoken in Louisiana today? I had no idea!

If one had to believe the innumerable magazine articles, tourist guides, and websites, the history of Francophone (French-speaking) Louisiana began with the Deportation of the Acadians by the British from their homeland in Nova Scotia around 1753. The impression one offers in Louisiana, is that the only remaining speakers of Louisiana French in Louisiana are the "descendants" of these Acadians, known today as the Cajuns. Allow me to briefly illustrate why this is far from the mark.

Founded in 1699 by the French, the colony of Louisiana included the mouth of the Mississippi River and as far north as the border with New France in Canada. An immense territory, the populations grouped most numerously in the extreme south where the Mississippi River meets the Gulf of Mexico. However there were numerous additional communities north of the Mississippi delta, including Little Rock (Petit-Rocher), Arkansas, Ste Geneviève, Illinois and St. Louis, Missouri.

This colonial population apparently experience long, arduous years in the development of the colony during those first generations. From strife over land, politics and resources with Amerindians, to pandemics crippling the survival of the colony, blistering heat, killer mosquitoes and to the encroaching of colonial powers like the British. Louisiana became the place to avoid by most Europeans.

Despite these uncertainties, a multitude of francophone ethnic groups were lured to Louisiana, most notably to embark on agricultural development. Alsatians, Quebecers, Swiss, Walloons from Belgium, from across the French Kingdom, the Caribbean and Senegambians (from an old French governmental circumscription in West Africa) made Louisiana their home, most often against free will. Within sixty years-that's only two generations-the colony became home to a melting pots of cultures all unified by the French language. This population became known as Creoles (born in the colony of old world parents).

Between 1764 and 1788, three thousand Acadian refugees knocked at the doors of the Spanish government in New Orleans, pleading for asylum from their deportation by the British. Knowing that there was a need for development of the southern region of the colony, and that the Acadians were expert planters and levée architects, and that the success on the colony depended heavily on the development of the southwest, asylum was granted. The Acadians were sent to settle along the bayous, swamp and marshlands of the southwest region, where they became neighbors of Creoles who had been established in those parts for some time.

That contact between recently arrivals from Acadie, Creoles, Amerindians, African and Afro-Creole slaves, Spaniards, British, Irish, Germans, Caribbeans, Italians, among others, forged the creation of a new hybrid sub-culture in Southwest Louisiana. One big cultural gumbo. And in the words of the late Richard Guidry: Acadia experienced the Great Expulsion (le Grand Dérangement), Louisiana experienced the Great Melting Pot (le Grand Mélangement).

Between 1800 and 2010, Francophones have not ceased to settle amongst us in South Louisiana. Refugees from Saint-Domingue (today, Haiti), Napoleonic war refugees, victims of the ethnic wars in Syria and Lebanon, refugees from French Indochina following the Vietnam War, War brides from World Wars One and Two all seasoned the blend of our francophone heritage. Louisiana has always been the refuge for victims of persecution!

Then, when we add teachers from the French-speaking world who sign up to teach in Louisiana's French-language public schools and Francophones coming to work in Louisiana industries and remaining; we've the Holy Trinity, principle ingredients for our world-famous (cultural and culinary) gumbo. Too tasty to pass up!

Louisiana is the cradle of a Francophone melting pot.

*Cajuns (noun) are one of two latin ethnic groups in South Louisiana. French is the primary language of Cajuns, some speak Louisiana Creole. The assumption is that Cajuns descend from Acadians. Major misconception and oversimplification of cultural development. There are many who have no Acadian ancestry at all. There are others who can count the Acadians ancestors on one hand. There has been a growing tendency, in post-segregation and re-racialization America, to assign skin color and phenotype to Cajuns. Like all cultures, Louisiana's cultures have no boundaries, are porous, and anyone moving in, marrying in and adopting the ways of the region, can become Cajun, as is common today.

**Creoles, like their cousins, the Cajuns, are a latin ethnic group in South Louisiana. Creoles descend from the culture of the original inhabitants and first generation of new comers in colonial Louisiana. Creoles speak both French and Louisiana Creole. Creole culture in Louisiana has been compounded by successive waves of Caribbeans (hispanic, francophone and creolophone), Mexicans, Canary Islanders, West Africans, and French. This local population poised itself as a force to be reckoned with, and took on Spaniards and Americans, with hostile force, when Louisiana changed hands. Following the official statehood of Louisiana in 1812, Anglo-Americans strived to collapse the local Latin cultural head. Language was one objective. "Race," was another. Because of Creoles' long history of fighting against Anglo-racialization, it is difficult to not racialize Creoles, as many have inadvertently internalized the very oppression they and their ancestors fought to escape. However in the case of all cultures, "race"-based criteria for the identification if Creoles simply did not work then, and does not work now.

Copyright (c) 2010 Christophe Landry

lundi 15 février 2010

DanceForAChicken:TheCajunMardiGras...(CourirsDeMardiGras)

Pour des raison de droit, ceci n'est que la bande annonce...
Pour voir le film en entier :
Le film est en anglais, avec un peu de langue Cajun dedans...

lundi 25 janvier 2010

"WhoDat?WhoDat?WhoDatSayDeyGonnaBeatDemSaints?"

With a 15-3 record and the best record in the National Football Conference, the New Orleans Saints will make their first Super Bowl appearance in in franchise history on February 7 in Miami as they take on the Indianapolis Colts.

They came into existence on All Saints’ Day, 1966, in a city where “When the Saints Go Marching In” is one of its theme songs. They came into being in a city where many of its churches are named after saints and in a state where more parishes (counties everywhere else in the country) are named after saints than in any other state. When all of these factors are considered, there could have been no more logical and natural reasons for naming a professional football team the New Orleans Saints.

Over the past four decades, the Saints can’t exactly boast of having the best record of any pro football team but no one will deny they have the most loyal and dedicated fans. And the most colorful. A Saints game is more than just a bone-crunching contest between two teams moving a ball back and forth between white parallel lines. A Saints game is an entertainment event that defies description. Fans dressed up in colorful costumes that only the most creative imaginations on the planet could devise. Handkerchief-waving second-line dancing through the stands; Mardi Gras Indian “big chiefs” decked out in their splashy beaded and feathered outfits; voodoo priests and priestesses casting victory spells for the team. This is only a small sampling of the fun and entertainment that plays out in the Louisiana Superdome for a Saints home game.








mercredi 6 janvier 2010

dimanche 6 décembre 2009

LettreOuverteAuPrésidentObamaParMichaelMoore...

Cher Président Obama,

Voulez-vous vraiment être un nouveau « président de guerre » ? Si vous vous rendez demain soir à West Point pour annoncer une escalade, au lieu d’un retrait des troupes en Afghanistan, vous serez un nouveau président de guerre. Purement et simplement. Et du même coup, vous ferez la pire chose que vous puissiez faire - détruire les espoirs et les rêves que tant de millions de gens ont placés en vous. En un seul discours demain soir, vous pourriez transformer en cyniques désabusés la multitude de jeunes qui ont formé la cheville ouvrière de votre campagne. Vous allez leur apprendre que ce qu’ils ont toujours entendu dire est vrai - que tous les politiques sont pareils. Je ne peux tout simplement pas croire que vous êtes sur le point de faire ce qu’ils disent que vous êtes sur le point de faire. S’il vous plaît, dites qu’il n’en est rien.

Votre travail ne consiste pas à faire ce que les généraux vous disent de faire. Notre gouvernement est dirigé par les civils. C’est nous qui disons quoi faire à l’état-major des armées, et non l’inverse. Le général Washington y avait insisté. Et c’est ce que le président Truman a fait savoir au général MacArthur, lorsqu’il a voulu envahir la Chine. « Vous êtes viré ! », lui a dit Truman, et puis c’est tout. Et vous auriez du virer le général Mc Chrystal lorsqu’il a tenté de vous forcer la main en disant à la presse ce que vous devriez faire. Permettez-moi d’être franc : Nous aimons nos gamins qui sont dans les forces armées, mais nous avons une P*#&... de haine pour ces généraux, depuis Westmoreland au Vietnam jusqu’à Colin Powell, oui même lui, qui a menti à l’ONU avec ses faux graphiques d’armes de destruction massive (depuis, il s’est amendé).

Aujourd’hui, vous vous sentez coincé. Il y a 30 ans ce jeudi, les généraux soviétiques ont eu une sacré idée : « Envahissons l’Afghanistan ! » Eh bien, cela s’est avéré être le dernier clou enfoncé dans le cercueil de l’URSS.

Il y a une bonne raison pour que l’Afghanistan ne porte pas le surnom d’ « Etat Jardin » (Bien qu’on pourrait y penser en voyant que le frère du président corrompu Karzaï, que nous soutenons, fait dans le commerce de l’héroïne et cultive du pavot). Le surnom de l’Afghanistan, c’est le « cimetière des empires ». Si vous ne le croyez pas, téléphonez donc aux britanniques. Je vous aurais volontiers suggéré d’appeler Gengis Khan, mais j’ai perdu son numéro. Mais j’ai par contre celui de Gorbatchev. C’est le 41 22 789 1662. Je suis sûr qu’il aurait des tas de choses à vous dire concernant l’erreur historique que vous vous apprêtez à commettre.

Si vous devenez un « président de guerre, » avec cette crise économique qui se poursuit, avec le sacrifice de notre jeunesse sur l’autel de l’arrogance et la cupidité, cette grande civilisation que nous appelons l’Amérique va se précipiter à pleins gaz vers sa chute et l’abîme. Les empires ne croient jamais que leur fin est proche, jusqu’à qu’elle soit là. Les empires croient qu’en faisant encore plus de mal, ils forceront les païens à rentrer dans le rang - et pourtant cela ne fonctionne jamais. Les païens finissent en général par tailler en pièces les empires.

Réfléchissez avec soin, Président Obama. Vous êtes le premier à savoir que cela ne doit pas se dérouler ainsi. Il vous reste quelques heures pour écouter votre cœur et faire appel à votre raison. Vous savez que rien de bon ne sortira de l’envoi de nouveaux soldats à l’autre bout du monde, dans une région que ni vous, ni eux, ne comprennent, pour atteindre un objectif dont ni vous, ni eux, ne savent ce qu’il est, et ce dans un pays qui ne veut pas de nous. Vous pouvez le ressentir au plus profond de vous.

Je sais que vous savez qu’il reste moins d’une centaine de partisans d’Al Qaïda en Afghanistan ! Une centaine de milliers de soldats tenteraient d’écraser une centaine de types qui vivent dans des cavernes ? Vous êtes sérieux ? Avez-vous gouté à la même liqueur que Bush ? Je me refuse à le croire.

Votre décision éventuelle d’étendre la guerre (tout en affirmant que vous le faites pour vous permettre de « mettre fin à la guerre »), fera davantage pour graver dans la pierre votre place dans l’histoire qu’aucune des grandes choses que vous avez accomplies et dites durant votre première année de mandat. Si vous jetez encore un os à ronger aux Républicains, la coalition des gens qui espèrent en vous et de ceux qui étaient désespérés pourrait disparaître - et le sort de cette nation reviendra alors dans les mains de ceux qui répandent la haine, en moins de temps qu’il n’en faut pour crier « Tea Party » ! [1]

Choisissez avec soin, Monsieur le Président. Les entreprises qui ont financé votre campagne vont vous abandonner dès qu’il sera clair que vous n’exercerez pas de second mandat, et que le destin de la nation reviendra à nouveau entre les mains des idiots habituels qui leurs attribuent des marchés. Cela pourrait se produire dès mercredi matin.

Nous, le peuple, nous vous aimons toujours. Nous, les citoyens, nous conservons toujours une lueur d’espoir. Mais nous, les citoyens, nous n’en accepterons pas plus. Nous ne pouvons accepter de vous voir faire encore et encore des concessions, alors que nous vous avons élu à cette fonction avec une large majorité de millions de voix pour que le travail soit fait. Quelle est donc la dimension de cette « victoire écrasante » qui vous échappe ?

Ne vous laissez pas abuser en pensant que l’envoi d’un nombre inférieur de soldats en Afghanistan fera une différence, ou vous gagnera le respect de ceux qui vous haïssent. Ils ne s’arrêteront pas avant que ce pays ne soit réduit en lambeaux et que le dernier dollar n’ait été extorqué aux pauvres et à ceux qui vont le devenir. Vous pourriez envoyer là-bas un million de soldats, et la droite hystérique ne serait toujours pas satisfaite. Vous seriez toujours victime de leur venin, répandu sans cesse par des radios et télévisions haineuses, parce que peu importe ce que vous faites, vous ne pouvez pas changer la seule chose en vous-même qui les mets hors d’eux-mêmes.

Ces gens pleins de haine ne sont pas ceux qui vous ont élu, et ils ne pourront pas être ralliés, même si vous nous abandonnez.

Président Obama, il est temps de rentrer à la maison. Demandez donc à vos voisins à Chicago et aux parents des jeunes hommes et femmes qui se battent et meurent, s’ils veulent voir encore plus de soldats et de milliards envoyés en Afghanistan. Pensez-vous qu’ils vous répondraient : « Non, nous n’avons pas besoin d’assurance santé, nous n’avons pas besoin d’emplois, nous n’avons pas besoin de logements. Allez-y, M. le Président, et envoyez notre richesse, nos fils et nos filles à l’étranger, nous n’avons besoin de rien. »

Qu’aurait fait Martin Luther King ? Qu’aurait fait votre grand-mère ? Ils n’auraient pas envoyé encore plus de pauvres s’en aller tuer d’autres pauvres qui ne les menacent pas. Ni dépensé des milliards et des milliers de milliards pour faire la guerre, alors que les enfants d’Amérique dorment sur les trottoirs et font la queue pour obtenir du pain.

Tous ceux qui ont voté pour vous, ont prié pour vous, et pleuré le soir de votre victoire, tous ont enduré un enfer orwellien durant ces huit années de crimes commis en notre nom : torture, prisons secrètes, suspension de la déclaration des droits, invasion de nations qui ne nous avaient pas attaqué, bombardement des quartiers où Saddam « pouvait » se trouver (sans y être jamais), massacre de cortèges de mariages en Afghanistan. Nous avons vu des centaines de milliers de civils irakiens se faire abattre et des dizaines de milliers de nos braves jeunes hommes et femmes se faire tuer, mutiler, ressentir l’angoisse. Ce fut une terreur totale dont nous ne soupçonnions qu’à peine l’existence.

Lorsque nous vous avons élu, nous ne nous attendions pas à des miracles. Nous nous ne nous attendions même pas à beaucoup de changements. Mais nous en attendions quelques-uns. Nous avons pensé que vous alliez arrêter cette folie. Arrêter le massacre. Abandonner cette idée folle que des hommes en armes pourraient réorganiser une nation qui ne fonctionne même pas en tant que nation, et ne l’a jamais fait.

Arrêtez, arrêtez, arrêtez ! Pour la vie des jeunes Américains et des civils afghans, arrêtez. Pour votre présidence, l’espérance et l’avenir de notre nation, arrêtez. Pour l’amour de Dieu, arrêtez.

Ce soir, nous avons encore espoir.

Demain, nous verrons. La balle est dans votre camp. Vous ne devez PAS le faire. Vous pouvez être un exemple de courage. Vous pouvez être le digne fils de votre mère.

Nous comptons sur vous.

Votre, Michael Moore.

30 Novembre 2009

AnOpenLetterToPresidentObamaFromMichaelMoore...

Do you really want to be the new "war president"? If you go to West Point tomorrow night (Tuesday, 8pm) and announce that you are increasing, rather than withdrawing, the troops in Afghanistan, you are the new war president. Pure and simple. And with that you will do the worst possible thing you could do -- destroy the hopes and dreams so many millions have placed in you. With just one speech tomorrow night you will turn a multitude of young people who were the backbone of your campaign into disillusioned cynics. You will teach them what they've always heard is true -- that all politicians are alike. I simply can't believe you're about to do what they say you are going to do. Please say it isn't so.

It is not your job to do what the generals tell you to do. We are a civilian-run government. WE tell the Joint Chiefs what to do, not the other way around. That's the way General Washington insisted it must be. That's what President Truman told General MacArthur when MacArthur wanted to invade China. "You're fired!," said Truman, and that was that. And you should have fired Gen. McChrystal when he went to the press to preempt you, telling the press what YOU had to do. Let me be blunt: We love our kids in the armed services, but we f*#&in' hate these generals, from Westmoreland in Vietnam to, yes, even Colin Powell for lying to the UN with his made-up drawings of WMD (he has since sought redemption).

So now you feel backed into a corner. 30 years ago this past Thursday (Thanksgiving) the Soviet generals had a cool idea -- "Let's invade Afghanistan!" Well, that turned out to be the final nail in the USSR coffin.

There's a reason they don't call Afghanistan the "Garden State" (though they probably should, seeing how the corrupt President Karzai, whom we back, has his brother in the heroin trade raising poppies). Afghanistan's nickname is the "Graveyard of Empires." If you don't believe it, give the British a call. I'd have you call Genghis Khan but I lost his number. I do have Gorbachev's number though. It's + 41 22 789 1662. I'm sure he could give you an earful about the historic blunder you're about to commit.

With our economic collapse still in full swing and our precious young men and women being sacrificed on the altar of arrogance and greed, the breakdown of this great civilization we call America will head, full throttle, into oblivion if you become the "war president." Empires never think the end is near, until the end is here. Empires think that more evil will force the heathens to toe the line -- and yet it never works. The heathens usually tear them to shreds.

Choose carefully, President Obama. You of all people know that it doesn't have to be this way. You still have a few hours to listen to your heart, and your own clear thinking. You know that nothing good can come from sending more troops halfway around the world to a place neither you nor they understand, to achieve an objective that neither you nor they understand, in a country that does not want us there. You can feel it in your bones.

I know you know that there are LESS than a hundred al-Qaeda left in Afghanistan! A hundred thousand troops trying to crush a hundred guys living in caves? Are you serious? Have you drunk Bush's Kool-Aid? I refuse to believe it.

Your potential decision to expand the war (while saying that you're doing it so you can "end the war") will do more to set your legacy in stone than any of the great things you've said and done in your first year. One more throwing a bone from you to the Republicans and the coalition of the hopeful and the hopeless may be gone -- and this nation will be back in the hands of the haters quicker than you can shout "tea bag!"

Choose carefully, Mr. President. Your corporate backers are going to abandon you as soon as it is clear you are a one-term president and that the nation will be safely back in the hands of the usual idiots who do their bidding. That could be Wednesday morning.

We the people still love you. We the people still have a sliver of hope. But we the people can't take it anymore. We can't take your caving in, over and over, when we elected you by a big, wide margin of millions to get in there and get the job done. What part of "landslide victory" don't you understand?

Don't be deceived into thinking that sending a few more troops into Afghanistan will make a difference, or earn you the respect of the haters. They will not stop until this country is torn asunder and every last dollar is extracted from the poor and soon-to-be poor. You could send a million troops over there and the crazy Right still wouldn't be happy. You would still be the victim of their incessant venom on hate radio and television because no matter what you do, you can't change the one thing about yourself that sends them over the edge.

The haters were not the ones who elected you, and they can't be won over by abandoning the rest of us.

President Obama, it's time to come home. Ask your neighbors in Chicago and the parents of the young men and women doing the fighting and dying if they want more billions and more troops sent to Afghanistan. Do you think they will say, "No, we don't need health care, we don't need jobs, we don't need homes. You go on ahead, Mr. President, and send our wealth and our sons and daughters overseas, 'cause we don't need them, either."

What would Martin Luther King, Jr. do? What would your grandmother do? Not send more poor people to kill other poor people who pose no threat to them, that's what they'd do. Not spend billions and trillions to wage war while American children are sleeping on the streets and standing in bread lines.

All of us that voted and prayed for you and cried the night of your victory have endured an Orwellian hell of eight years of crimes committed in our name: torture, rendition, suspension of the bill of rights, invading nations who had not attacked us, blowing up neighborhoods that Saddam "might" be in (but never was), slaughtering wedding parties in Afghanistan. We watched as hundreds of thousands of Iraqi civilians were slaughtered and tens of thousands of our brave young men and women were killed, maimed, or endured mental anguish -- the full terror of which we scarcely know.

When we elected you we didn't expect miracles. We didn't even expect much change. But we expected some. We thought you would stop the madness. Stop the killing. Stop the insane idea that men with guns can reorganize a nation that doesn't even function as a nation and never, ever has.

Stop, stop, stop! For the sake of the lives of young Americans and Afghan civilians, stop. For the sake of your presidency, hope, and the future of our nation, stop. For God's sake, stop.

Tonight we still have hope.

Tomorrow, we shall see. The ball is in your court. You DON'T have to do this. You can be a profile in courage. You can be your mother's son.

We're counting on you.

Yours,
Michael Moore

November 30th, 2009 3:44 AM